Sans équivoque, les chefs d’entreprise expriment leur satisfaction 3 ans après avoir créé, et 88% d’entre eux sont très satisfaits ou plutôt satisfaits. Ils ont réalisé leurs rêves et leurs envies, atteint leur objectif en concrétisant un projet qui leur tenait à cœur :
"On est plus heureux parce que l’on est en phase avec ce que l’on est vraiment."
"On est plus heureux à partir du moment où l’on est en adéquation avec ce qu’on veut réellement. Si on franchit le pas, c’est que l’on avait vraiment envie de le faire, donc on a une satisfaction personnelle."
" J’ai une vie plus harmonieuse, je me sens dans mon élément, ça a toujours été mon rêve …"
Trois ans après, les sources de satisfaction sont :
1. Le relationnel, les contacts humains (relations clients, fournisseurs, avec d’autres entrepreneurs…) pour 94%
2. La réalisation de soi (accomplissement personnel) pour 94%
3. La prise de décision pour 91%
4. La gestion d’une équipe pour 90%
Mais aussi :
L’indépendance, la liberté pour 88%
La reconnaissance de l’entourage familiale et professionnel pour 80%
Les revenus financiers de l’entreprise pour 52%
La richesse des causes de satisfaction, de par leur diversité, est d’autant plus intéressante à observer que les motivations au démarrage étaient essentiellement focalisées sur la recherche de l’indépendance et la liberté.
77% estiment que leur entourage vit bien le fait qu’ils soient chefs d’entreprise, malgré le stress et l’inquiétude. Le conjoint, lucide sur les difficultés, met largement en avant la fierté de voir l’autre réussir le challenge que représente la création d’une entreprise et la fierté de l’épauler dans son activité de chef d’entreprise.
"Je suis fière de le voir s’épanouir et réussir dans son travail, même s’il y passe beaucoup de temps."
Des créateurs plus satisfaits que les repreneurs (respectivement 68% et 47%). Les créateurs semblent bénéficier de plus d’indépendance et d’autonomie de décision.
Enfin, une satisfaction proportionnelle au nombre de salariés qui s’explique par une solitude moins pesante et par la délégation de certaines taches.
En conclusion, le bonheur d’être chef d’entreprise se traduit par :
Un choix de vie, un « rêve » à enraciner sans cesse et pour lequel il faut se battre.
Le sens que l’on trouve dans sa vie professionnelle : "Je sais pourquoi je me lève chaque matin".
La satisfaction de conduire sa barque, fusse-t-elle petite, mais y être seul maître à bord.
L’exercice du métier avec passion, la créativité, le travail personnalisé pour le client.
La capitalisation de ce qu’ils vivent (comme un propriétaire remboursant ses échéances alors que salariés, ils n’étaient que "locataires").
La liberté de gérer son temps : choisir de prendre une demi-journée ici ou là mais tout autant travailler le soir et le dimanche.
Plus qu’avant, la polyvalence des tâches, des relations.
La fierté ressentie dans ce qui est accompli.
Le bonheur de "gagner" : "gagner un marché qu’hier je jugeais inatteignable".
Une satisfaction qui s’exprime différemment selon les profils…
Quelques itinéraires repérés lors de l’étude qualitative :
Les cadres développeurs, les "serial entrepreneurs", mieux inscrits dans la culture entrepreneuriale que les autres, ont réussi à se positionner sur des créneaux de marché très rentables. Dans leur entreprise, ils s’accomplissent, confiants en eux-mêmes pour développer encore. La "sécurité", pour certains, serait dans leur entreprise plus que dans le salariat qu’ils ont connu.
Les ouvriers/employés disent le bonheur d’exercer leur métier (savoir-faire poussé plus loin qu’avant, créativité, personnalisation du travail) et "d’être reconnus par les fournisseurs qui vous ignoraient hier comme salariés".
Les chômeurs longue durée, c’est l’aboutissement d’une reconversion. Après la remise en cause d’un chômage dont ils ne sortaient pas, après la phase positive d’un bilan de compétences et celui de stages de formation, le repositionnement s’est traduit par la création d’une entreprise jugée comme la voie la plus pertinente pour "réussir".
Les "précaires" (ex RMIstes notamment) : la fierté de pouvoir travailler, d’être reconnus dans leur quartier et leur communauté de vie, celle de pouvoir servir d’exemple à leurs enfants se conjugue aussi avec le plaisir d’exercer un métier qu’ils aiment bien.
Les conjoints du chef d’entreprise expriment très largement :
- la fierté que leur conjoint chef d’entreprise se batte pour faire vivre et réussir le projet de création,
- la fierté d’épauler le dirigeant dans son activité de chef d’entreprise (y compris pour soutenir le moral),
- la fierté que le chef d’entreprise soit reconnu (par les clients, la famille, la banque).
Des difficultés à surmonter ou à intégrer…
Des difficultés communes :
Les temps de travail sont importants : disponibilité pour ne pas manquer de marchés et, en conséquence, une faible disponibilité pour la famille et les loisirs.
Le stress est là : insécurité des marchés, des rentrées financières mais aussi gestion du personnel, afflux de travail à gérer.
La gestion des contraintes : les charges, les "paperasses"….
La solitude de la décision mais les trois quarts sollicitent toutefois des appuis-conseils en cas de décision importante.
Mais aussi d’autres, moins mises en avant :
La remise en cause fréquente et l’incessante adaptation à l’environnement.
Le changement de "culture" surtout pour les non cadres (du salariat à la fonction de responsable d’entreprise) conduit à la perte d’amis qui ne comprennent pas.
La jalousie des amis, de l’entourage large parce qu’ils sont heureux et pour certains gagnent beaucoup d’argent.
71% disent ne pas avoir rencontré de problèmes "lourds",
déstabilisants pour l’entreprise.
Les insatisfaits :
Sur les 11% de chefs d’entreprise qui ont déclaré ne pas être satisfaits, il est intéressant de noter que 68% d’entre eux n’avaient pas créé dans le secteur d’activité ou le métier qui était le leur avant, ce qui confirme l’importance de l’expertise métier. Souvent, il s’agit aussi de chefs d’entreprise travaillant seuls et l’étant restés après 3 ans d’activité.
La création, un point de non retour !
78% refuseraient de reprendre leur ancien métier ou ancien poste, même si l’opportunité se présentait.
S’il y a beaucoup de risques, ils parlent plutôt d’aventure.
Il n’est guère imaginable de perdre l’indépendance, la capacité de décider.
L’abandon d’un projet auquel le conjoint participait n’est guère envisagé.
Et puis il reste tant à faire !
Une étude qualitative conduite par OPUS 3 pour l’APCE, le Salon des Entrepreneurs et la Caisse des Dépôts (décembre 2006 et janvier 2007), interrogeant cinq sous groupes différents de créateurs au regard de leur situation antérieure :
- des cadres et chefs d’entreprise développeurs
- des ouvriers/employés
- des personnes en reconversion professionnelle (chômeurs longue durée)
- des personnes en situation précaire (RMIstes)
- des conjoints de chefs d’entreprise
Une étude quantitative conduite par TMO Région pour l’APCE en janvier 2007 auprès de 1000 créateurs/repreneurs dans 4 régions (Ile-de-France, Nord Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes) regroupant la moitié des créations/reprises d’entreprises en France.
Leur profil
- 73% sont des hommes, 27% des femmes
- 69% ont entre 30 et 49 ans
- Venant majoritairement du salariat, mais 30% ont déjà créé ou repris dans le passé
- 49% travaillant seuls, 30% avec 2 à 3 personnes, 21% avec 4 personnes et plus
source : Une étude qualitative conduite par OPUS 3 pour l’APCE, le Salon des Entrepreneurs et la Caisse des Dépôts (décembre 2006 et janvier 2007) et une étude quantitative conduite par TMO Région pour l’APCE en janvier 2007 auprès de 1000 créateurs/repreneurs.
Publié le : 10-03-2008
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